le 2 juin

Publié: 3 novembre 2010 dans Non classé
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Je sors de ma torpeur printanière, plus féroce que molosse… je suis sorti d’un coma maladif où je me suis plongé afin que mon cerveau oublie jusqu’à mon image…. quelle en est sa couleur, que dire de mon odeur ? tout m’est inconnu, jusqu’à ces gens blancs aux gants blancs. Pourquoi suis-je là ? ai-je osé demander à cette jeune femme enrobée d’un parfum très corporel, son corps comme une odeur de viande. Elle me répond que je suis tombé dans le coma, plus exactement que je ne me suis pas réveillé d’une nuit de grande banalité. Pourquoi donc cette longueur de sommeil ? Quelques images qui me donnent l’impression d’une obsession oubliée, un goût de corps vieilli au fond de ma bouche, des flots d’absence… et je suis là attentif à tous ces mots qu’elle sait me dire par delà l’odeur de son corps…. je mastiquerais bien l’un de ses opulents seins à l’aréole tombante sans pointe apparente… prendre le temps de me réveiller, repartir dans ce sommeil rapidement.

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le 12 mai

Publié: 20 septembre 2010 dans Non classé
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Ce qui devait arriver est arrivé. Ils ont laissé la porte de ma chambre ouverte… J’ai fui dans le couloir, puis du couloir, dans des toilettes, des toilettes dans la rue… en sautant par une fenêtre. Dans la rue, sur le trottoir, j’ai couru jusqu’au bout de cette rue et enfin je me suis arrêté… Là près de ce mur. Je suis parti en emmenant mon cahier sur lequel j’écris, je suis nus pieds, c’est un jour où il fait froid, donc j’ai froid. Je suis en train d’écrire  à l’abri d’une porte, accroupi… je me demande si je n’ai pas plus besoin d’écrire que de liberté extérieure. Je décide donc de retourner vers ma chambre où il faisait chaud.

13h52: j’ai réintégré ma chambre, ils ont été étonné de me voir  à la porte de la clinique où je réside… Ils me savaient parti, ils ne me savaient pas capable de revenir aussi rapidement

14h26: une personne en blouse blanche est venue me voir, elle m’a observé. elle m’a dit qu’elle reviendrait me voir tout  à l’heure.

15h39: cette même personne vient de me quitter, elle m’a longuement questionner sur le pourquoi de ma fuite. Je crois lui avoir expliqué que c’était par instinct, non par volonté. Lorsque j’avais vu la porte entrouverte, je n’avais pas pu faire autrement que de me sauver, je n’avais pas soumis mon cerveau  à un acte réfléchi. Il avait juste pris le dessus et avait ordonné  à mon corps une fuite… Au moment où  cette personne m’a quitté je lui ai demandé pourquoi j’étais dans cette clinique. Elle ne m’a pas répondu, elle est partie.

16h28: elle est revenue, cette personne était un homme , il m’a expliqué le pourquoi de mon internement.Il y a quelques mois , bientôt douze , j’ai tué ma femme et je l’ai mangée. je ne me souviens pas de son goût, cela me désole plus que sa mort.

le 10 mai

Publié: 15 septembre 2010 dans Non classé
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Pendant deux jours, j’ai dormi abruti, abattu à mon réveil, attaché sur mon lit, je peux écrire cependant malgré mon bras douloureux. Je sais que j’ai rêvé, je ne souvenais plus d’avoir rêvé ….j’ai donc rêvé d’un enfant que j’avais été, je ne m’en étais jamais souvenu… peut-être sous l’effet du somnifère qui m’a été administré. Il y a donc longtemps j’avais été un enfant, perturbé, perturbant… bipolaire avec troubles neuro-moteur associé qu’ils disaient, mes parents avaient laissé faire, surtout ma mère. Il s avaient laissé faire un médecin qui avait commencé à me faire absorber de petites pilules plus ou moins sucrées dont l’effet étaient sensé me calmer. S’il n’y avait eu qu’elles qui étaient sensées me calmer… Au départ il y aurait dû avoir ma mère, mais elle ne m’avait jamais touché, alors j’avais commencé à remuer pour me faire remarquer et  à pleurer parce qu’elle ne me remarquait pas. Elle n’avait jamais compris que j’essayais, à chaque fois que j’entreprenais une nouvelle action qui n’en achevait pas une autre et qui perturbait la prochaine, de lui dire que j’étais là;  et plus mon effort pour être là augmentait, sans que je sus en expliquer les raisons, plus la distance qui m’éloignait d’elle s’accentuait. Le jour de ma naissance, elle m’avait posé à côté pour regarder par la fenêtre, voir si mon père finirait par arriver. Il ne fut là que deux ans plus tard et pendant ces deux ans je n’avais pas cessé de m’éloigner d’elle malgré tout ce que mon corps finissait par faire  à ma place pour quitter ce côté où elle m’avait placé… Ainsi donc de psychotropes en lithium à haute dose , j’avais fini par déserté mon corps, l’habitant sans savoir qu’il était mien, l’ignorant jusqu’à ne pas le voir dans un miroir. Les autres s’absentaient de ma vie, ils avaient cette évidence de la transparence.

Après il y a un trou , mon rêve s’est achevé avant de me dévoiler le reste de ma vie…. je vais me rendormir pour peut-être….

23h52: j’ai encore dormi, ils ou elles m’ont détaché pendant mon sommeil, j’ai relu ce que j’ai écrit  à mon premier réveil…. je l’avais déjà oublié. J’ai faim, je mords mon doigt…. ils reviennent.

le 8 mai

Publié: 13 septembre 2010 dans Non classé
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Le morceau de chair de la femme a lentement fondu dans ma bouche, je suis resté  bouche fermée pendant quatre jours, je  ne l’ai pas digéré, c’est sa chair qui a fondu au contact de ma salive…..

8h56: je me suis attablé et je viens de commencer une lecture exhaustive d’un livre de cuisine. Il n’y a pas de recette de chat ni de morceau de grande femme blonde. J’ai décidé de découper un morceau de mon bras pour savoir quel goût j’ai, mais je n’ai aucun objet  tranchant qui pourrait me permettre d’effiler  ma viande, je ne serai pas satisfait tant que je n’aurai pas exécuté cet acte que je prémédite obsessionnellement.

9h12: je viens de lire plus rapidement qu’à mon habitude un livre sur la boucherie: « la belle viande ». J’ai compris comment il fallait faire pour que le goût du sang soit conservé. J’appliquerai  à la lettre cette technique sur ma viande

9h32: je viens d’imaginer que je pourrais peut- être me planter le crayon dans l’avant bras et qu’en le tournant je pourrais déchirer mes tissus humains. Le crayon est de matière plastique souple, il s’est juste arrondi au contact de mon avant-bras.

10h12:ils m’ont servi un repas dans des assiettes en carton, même mes couverts étaient en carton…..

10h38: il n’y a rien qui puisse me servir pour me découper….je jette donc mon bras contre le mur, de plus en plus fort. La douleur n’est qu’une information qui me permet d’accéder à la finalité de mon acte…. je commence  à saigner du bras gauche, j’écris de la main droite. Je frappe de plus en plus fort.

11h01: Ils viennent d’intervenir, ils m’ont piqué une aiguille dans le bras dont je me serais nourri, je ne souffre plus, je n’ai jamais vraiment souffert. Je me sens plonger, j’ai faim, très faim…. je me serais bien aimé.

le 4 mai

Publié: 8 septembre 2010 dans Non classé
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Il me semble qu’un temps long et incertain soit passé le long de ma vie ces derniers temps…. j’envahis le silence qu’il m’a été permis de sentir avec de la musique, elle comble l’immensité de l’espace qui m’entoure. Ma chambre est petite, j’en conviens, mon lit n’a qu’une place que j’occupe  à tour de rôle. Mon existence se déroule ainsi, lentement, sans jouir de ce qui m’entoure, juste accepter désormais qui je suis et où je suis. Je prends journellement ma dose médicamenteuse, elle me plaît. Grâce à elle, j’ai de nouveau usé de la parole et suis rentré en communication avec d’autres patients et patientes. Pour la plupart, ils sont comme moi, absents dans leur présence, alors qu’avant ils étaient présents dans leur absence. Nous sommes donc tous ensemble dans ce grand parc où  chaque matin des jours où il ne pleut pas, nous venons, calmement à petits pas nous sourire l’un à l’autre ou l’un, l’autre, je ne sais pas comment le dire et si cela ce dit, mais je le fais… ce matin, je suis donc revenu à la parole, je n’ai eu qu’une envie, celle de dialoguer avec cette grande femme blonde qui comme moi absentait les moments , les uns après les autres, mais en souriant mollement. Je me suis donc dirigé vers elle et je lui ai parlé, puis nous nous sommes parlés…. le temps, le passé dont nous nous souvenions peu, ses enfants, les miens peut être, les autres qui nous paraissaient si loin…. quelques heures durant nous avons dialogué, nous sommes promis de recommencer dès demain. C’est au moment de la quitter que j’ai eu du mal, je n’ai pas pu me séparer d’elle, car,  je crois que je la trouvais belle ou peut être bonne, vraiment. Je lui ai demandé de rester encore un peu en ma compagnie, elle a refusé, parce qu’il faisait frais et nuit ou le contraire. Alors je l’ai mordu au bras, très fortement, les infirmiers sont intervenus rapidement et m’ont conduit jusqu’à ma chambre où je suis désormais enfermé. J’ai le goût de son corps dans ma bouche, le goût de son sang et je l’aime…. plus que mon chat. Je ne cracherai pas le morceau que je lui ai pris, je ne parlerai pas avant que mon corps l’ai intégré au sien, je ne prendrai plus mes médicaments….

le 30 avril

Publié: 4 septembre 2010 dans Non classé

Je vais mieux, je le sens et sais. J’ai passé cette dernière semaine  à intensément me reposer, j’ai pris les médicaments que le personnel hospitalier me donnait. Avant aussi je les prenais, mais je ne les digérais pas  et je les vomissais avant que la cellulose rouge et blanche des petites gélules ne soit attaquée par mon acide gastrique… Tant et bien que que je divaguais, c’est ce qu’on m’a dit…. donc je vais mieux. Je vais si bien que j’envisage même de sortir de ma chambre, l’infirmière en chef m’en a donné l’autorisation, c’est elle qui garde toujours la clé. Elle pense que mes médicaments  n’ont pas suffisamment stabilisé mon esprit qui avait tendance à construire la réalité plus qu’à la voir défiler comme tout  à chacun. Donc je vais sortir dans le parc….

12h38: je suis assis dans le parc, il y fait beau. Je viens d’absorber, sous le regard vigilant de l’infirmière, mon anxiolytique, mon antidépresseur,mon neuroleptique de classe 2, mon stimulant vitaminé, mon bromure, mon lithium et un verre d’eau… et je n’ai pas envie de vomir.

13h22: je suis assis  à côté d’une jeune infirmière qui est certainement là pour me surveiller, par delà ma camisole chimique. Je vais bien, je me sens loin de tout contact avec cette réalité, qui il y a encore quelques jours m’obsédait. Je l’ignore, elle m’entoure simplement pour me laisser exister. C’est elle qui par sa présence donne désormais un sens  à mon existence, cette réalité qui m’englobe mais dont j’ignore l’exactitude. Je ne suis plus dans cette précision des sens qui m’obligeait  à voir avec une acuité certaine et pernicieuse  jusqu’aux contours des ombres et à  vérifier qu’ils correspondaient  à  l’image de l’objet qui les protégeait de la lumière… Je vais donc bien et loin.

13h52: Je regarde le corps de l’infirmière qui s’est levée, je le détaille profitant  de la lumière qui traverse sa blouse et qui me donne  à voir l’ampleur de sa masse fessière. J’aime mon infirmière. Je l’aime, je pense, comme j’aimais mon chat…

le 24 avril

Publié: 1 septembre 2010 dans Non classé
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Je viens de passer une semaine à hurler, hurler de la crainte que j’ai de ma propre image…. je me suis vu, livide, dans une glace accrochée  à l’un de mes murs, je ne l’avais pas encore vue, j’en fus surpris. Pendant cette semaine, j’ai cherché  à me cacher de mon image, qui à chaque instant m’épiait. Je me suis donc relevé la nuit pour la recouvrir d’un drap, mais mon image était encore dessous; là  derrière ce drap qu’elle tenait…. hasardeusement. J’ai fini par me haïr, j’aurais pu la tuer en m’assassinant, mais j’ai hésité…. j’avais peur de son existence après ma mort, celle que je me serais donnée… Je me suis alors assis en attente de la nuit tombante, je suis resté éveillé, patiemment. J’ai vu, lentement, s’évanouir mon reflet dans l’absence de lumière de la nuit naissante. Je me suis mis nu, pour être plus vrai que je ne l’avais jamais été et pour ne pas me tromper… Si mon image s’était emparée de mon corps lors  d’une dernière nuit durant laquelle je m’étais endormi ? J’ai donc fait le choix de ne pas dormir  et de la fixer droit dans mes yeux, dans ce miroir tant qu’elle serait présente. Durant 4 jours, je ne l’ai pas quittée, si ce n’est pour cligner des yeux, mais encore pour être certain qu’elle ne se sauvât pas, je m’étais approché de la glace et je la tenais de façon à ce que, si elle voulait s’enfuir durant le clignement de mes yeux, elle n’aurait pu passé sans me heurter de face. Ce n’est qu’au bout du quatrième jour et de la quatrième nuit que je me suis écroulé face sur la glace. Au matin,  à l’instant de mon réveil, la glace était brisée et mon image n’était plus là. Il ne restait que çà et là, sur de tristes morceaux anguleux et coupants, que de courts espaces refermés où elle gisait morcelée. J’ai laissé les morceau à terre, sans rien leur dire, j’ai marché sur ce petit morceau où l’image de mon visage me regardait de ce bas vers mon haut…. je l’ai écrasée, cette prétentieuse idole qui m’eut fait croire que j’étais autre et enclin à  devenir altruiste. Durant tout ce temps, je n’ai cessé de hurler, à m’en casser la voix, à m’en casser le son qui ne pouvait plus sortir de ma bouche sans heurter l’image dans la glace…. quand le silence fut revenu, je me suis lentement mis à penser  à mon chat, qu’il y a peu de temps, j’avais pris plaisir  à manger…

le 17 avril

Publié: 27 août 2010 dans Non classé
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Je crois être sorti ce matin, mes chaussures étaient couvertes de boue. J’ai longuement regardé cette boue, elle était sèche, cependant il pleuvait dehors… cela n’aurait donc pas pu être possible. J’ai le souvenir d’avoir marché dans la rue, de m’être arrêté à la terrasse d’un café où j’ai pris, en écoutant pleuvoir sur les grandes bâches qui recouvrent les terrasses, un café crème. J’ai le souvenir d’avoir regardé le corps d’une femme qui était  non loin de moi, assise jambes croisées, dévoilant par ce mouvement naturel un galbe de cuisse désirée. J’ai le souvenir des voitures roulant dans les flaques de pluie, aspergeant d’une eau sale les personnes passantes. J’ai le souvenir de mes souvenirs…

21h58: je ne peux pas dormir, la pluie a cessé de tomber. J’ai passé ma main par la fenêtre pour recevoir au creux de ma paume les dernières gouttes, j’aime le contact de cette réalité.

22h58: cela fait une heure que je regarde par la fenêtre, je n’ai pas vu de personnes passées ni d’animaux, l’espace extérieur est vide. Je me concentre sur les flaques d’eau qui reflètent la lumière de certain lampadaires,mais je ne peux en éprouver un satisfecit immédiat, il ne s’agit que d’une lumière, que de l’eau….

23h58: je me suis fortement concentré pour donner  un sens précis à cette journée. J’ai passé une partie de la matinée à croire que j’étais sorti, une autre partie  à me souvenir de ce souvenir qui n’était qu’un mélange de souvenirs… je me sais troublé, désorienté, voir incohérent. Ces deux minutes d’écriture sont pour moi le moyen de me connecter  à mon cerveau coupé de son regard sur l’extérieur, je vois l’intérieur et l’espace qui s’offre  à moi est odieusement immense… il va être minuit, je replonge par l’intermédiaire de la boue de ma chaussure droite dans une nouvelle journée….je me souviens de cette boue près de la terrasse du café.

le 13 avril

Publié: 25 août 2010 dans Non classé
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C’est un vendredi, jour de chiance…. peut-être pourrais-je gagner  à la loterie… si je joue, je ne sais pas où l’on joue à la loterie. Je ne sais pas comment jouer  à la loterie.

8h33: j’ai lu, j’ai bu, j’ai vu…. mais je ne sais plus dans quel ordre. Ma tête s’emplit d’une mémoire qui se vide. Je la sens présente, mais plus le temps passe, plus j’ai cette sensation de vide qui l’accompagne… Il faut que je comprenne pourquoi.

9h12: l’ange de l’autre jour est repassée, me posant encore d’autres questions auxquelles je n’ai toujours pas su répondre… malgré les efforts que j’ai pu faire. Je lui ai demandé si je pouvais jouer  à la loterie. Il m’a répondu que cela ne posait aucun problème, alors elle m’a tendu un petit bout de papier sur lequel il a griffonné un nombre au stylo  bleu ciel… 13.

10h56: j’ai gardé ce petit bout de papier, je suis certain que je vais gagner, j’allume ma radio pour écouter les résultats, mais visiblement je n’ai plus d’électricité dans le fil ou l’électricité de mes piles s’est enfuie.

15h38: l’ange revient en souriant, un énorme colis de type cadeau sous le bras, cette boite bleue est entourée d’un noeud jaune, très visibles tous les deux. L’ange les pose sur ma table. Il me dit que j’ai gagné, que le numéro 13 a été tiré.

22h38: je suis toujours assis face  au cadeau que j’ai gagné, je ne sais plus pourquoi je l’ai gagné. Je sais que le vide de ma mémoire gonfle de plus en plus, que l’espace de ma mémoire dans mon cerveau s’étend par delà les limites osseuses de ma boite crânienne, que je sais encore pleurer… alors je pleure.

le 10 avril

Publié: 24 août 2010 dans Non classé
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Je ne sais pas ce qui se passe dehors aujourd’hui. Il y a beaucoup plus de gens dans la rue qui est  à l’aplomb de ma fenêtre, deux étages plus bas, qu’il ‘y en a d’habitude… Plus de gens habillés en blanc.

11h52: je devais aller travailler ce matin, j’ai voulu téléphoner pour leur dire que je pouvais pas y aller, je ne trouvais plus la porte de mon appartement, celle qui devait me conduire au couloir qui conduit à l’escalier qui mène à la porte de l’extérieur. Je ne trouvais pas non plus le téléphone qui m’eût permis de leur expliquer pourquoi je ne venais pas travailler.

13h06: je me sens doucement plonger dans  un sommeil que je voudrais léger, mais je ne peux lutter…. je plonge gravitationellement…..

16h59: je viens de me réveiller, je n’aime pas ces phases de sommeil lourd, la remémoration de mes rêves à l’approche de mon réveil  me laisse un goût de vérité plus que certaine. Je ne me sens pas vivant dans l’espace où mes yeux se réhabituent à la lumière et puis je reconnecte avec la certitude que le vrai est là à cet instant.

17h48: il y a toujours plus de gens vêtus de blanc dans la rue qui est en bas de chez moi. J’aimerais pouvoir prévenir quelqu’un, là où je travaille, mais je n’ai toujours pas de porte ni  de téléphone.

18h36: je me réveille, fiévreux, suant d’une sueur  froide et malodorante. Des douleurs contractantes parcourent mes muscles dorsaux. Je suis certainement malade aujourd’hui , c’est pour cela que je n’ai pas pu aller travailler… Un homme vêtu de blanc vient de déposer quelques médicaments qu’il m’a aidé à prendre. je ne sais pas où est la porte par où il est passé… Depuis combien de temps suis-je alité ? Il me répond qu’on m’a ramené chez moi parce que j’avais eu un malaise sur mon lieu de travail…

19h47: j’ai beau fixé le mur, je ne sais toujours pas où est la porte…

le 7 avril

Publié: 22 août 2010 dans Non classé
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Aujourd’hui j’ai reçu la visite d’un ange, je n’avais jamais vu d’ange. C’est aussi gros et grand que moi et elle me regardait droit dans les yeux.

Ce matin on a frappé à ma porte, j’ai ouvert, je ne savais pas encore que c’était un ange qui était derrière. C’est au moment précis où j’ai ouvert le battant que j’ai compris. Sur son pull-over était écrit ANGE, il portait des vêtements clairs, elle avait de grands yeux bleus qui étaient accompagnés d’un sourire radieux, un radieux sourire. Elle me dit, couvert par le bruit de la rue, que c’était pour un son d’ange, il sortit de son sac une chemise , prit un double feuillet rose qu’elle posa sur le dos renforcé de son sac, qui seul était de couleur sombre… j’écoutais le son de sa voix, sa voix d’ange, son son d’ange. Il m’a questionné:

«  Avez-vous des enfants ?

_Non.

_Aimeriez-vous avoir un enfant ?

_Je ne sais pas.

_Si vous étiez une femme, aimeriez-vous avoir un enfant ?

_je ne sais pas.

_êtes-vous pour le principe des mères porteuses ?

_Oui. »

Elle notait tout, précisément. Il m’observait et écrivait, je pense, les résultats de ses observations. Quand elle eut terminé, elle se dirigea vers la porte, juste avant de partir je lui proposai de me montrer son sexe, il refusa, arguant que cela ne se faisait pas, elle partit. Je restais face à mon ange… déçu.

le 3 avril

Publié: 21 août 2010 dans Non classé
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Ce matin j’ai lu, l’un des  livres que je possède. J’ai commencé juste après mon petit déjeuner. C’était un livre de 206 pages, J’ai commencé, comme je le fais toujours par lire au hasard, une des pages. Si elle me satisfait, je commence au début et j’essaie de lire en une seule fois pour ne pas oublier ce que j’ai lu.

7h58: c’est l’histoire d’un homme qui lit un livre, mais qui chaque jour doit le recommencer parce qu’il oublie ce qu’il a déjà lu. Il n’a ainsi jamais pu lire qu’un seul livre dans sa vie. Ce livre raconte donc l’histoire que l’homme lit et l’histoire de cet homme qui lit, s’il lisait ce que j’écris, il pourrait se remémorer  plus facilement l’histoire qu’il oublie.

8h36: j’en suis déjà à la page 65 et l’homme dans son livre en est  à la page 102, le livre qu’il lit doit être plus gros que celui que je suis en train de lire.

9h36: j’ai dû recommencer mon livre, je me suis endormi car je m’étais installé sur mon lit pour lire ce livre. L’homme de l’histoire que je lis a dû lui aussi recommencer parce qu’il a fermé son livre juste pour  aller  préparer son repas. Il a recommencé à lire juste après celui-ci.

17h37: L’histoire que l’homme lit est finie et l’homme n’a plus rien  à lire. Je lis donc en ce moment l’histoire d’un homme qui a lu mais qui ne lit plus, mon livre est plus long que je ne pensais. L’homme de l’histoire lit plus vite que moi puisqu’il a fini son histoire avant moi.

20h53: Je suis fatigué, je n’ai pas fini de lire , l’homme  a fini mais doit recommencer  à lire  parce qu’il a encore oublié ce qu’il avait lu et moi si j’arrête de lire je vais oublier qu’il a oublié et je devrais encore recommencer…. J’hésite.

22h39: je viens de me réveiller, il y a un livre  à côté de moi, je ne me souviens pas de l’avoir lu. J’ai regardé  par la fenêtre, il y a un homme qui marche dans la rue, un livre  à la main…

Le premier avril

Publié: 20 août 2010 dans Non classé
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C’est un jour où je vais sortir, c’est un jour où tout le monde fait des blagues…. j’aime les blagues que font les gens le premier avril, j’aime…. mais j’en ai peur, il m’arrive de croire que cela est vrai et je modifie ma façon de vivre en fonction de ces blagues qui n’étaient pas les vérités que je croyais qu’elles étaient. Mais aujourd’hui j’ai décidé de sortir pour rire, rire avec les autres…

6h07: je me suis habillé plus beau, plus apprêté qu’à mon ordinaire…. j’ai déjeuné plus tôt aussi, j’attends désormais qu’il fasse jour pour sortir.

6h12: je sens mon coeur qui bat plus fort, ce sont peut être les prémisses d’un rire qui va s’éterniser toute la journée… un rire peut-il s’éterniser toute une journée ?

6h38: le jour se lève enfin, il ne pleut pas, je pense même que ce sera un jour de ciel bleu… rire sous un ciel bleu.

6h58: je me lève pour sortir, c’est important de bien se lever  pour partir d’un pas décidé…. je me suis bien levé.

7h06: je suis face  à ma porte…. fermée, fermé. Hier  au soir, comme  d’habitude j’ai fermé ma porte  à clef et j’ai mis cette clé, la seule que je possède, dans l’une des poches de mon pantalon. Je possède deux pantalons, un que j’ai mis  à laver dans la machine qui sert à  cette fonction et l’autre que je porte  sur moi. La clé n’est pas dans les poches de ce pantalon que je porte, elle ne peut être que dans les poches du pantalon qui  tourne et trempe dans la machine.

7h36: le cycle de lavage huit, le seul que j’utilise vient de se terminer, j’ai retiré mon pantalon du tambour rotatif, j’ai fouillé les poches, je n’ai pas trouvé la clef.

8h00: je suis assis face  à ma porte fermée à  clef, je n’ai pas retrouvé la clé…. je pleure.

Le 19 mars

Publié: 19 août 2010 dans Non classé
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Jour de pluie, je me suis remis assez difficilement de l’indigestion de mon chat… trop gras peut-être ? Je reste  chez moi, c’est un jour où je ne travaille pas et quand je ne travaille pas j’écoute la radio…


9h55: mon émission d’information favorite commence toujours par une séquence musicale, à chaque nouvelle émission un nouveau morceau que je ne connais pas puisqu’il est par essence inconnu avant qu’il ne passe sur les ondes radiophoniques. Même si j’exècre certains styles musicaux, j’écoute toujours, plus pour le plaisir de la nouveauté que pour l’éventuelle sensation ressentie  à l’écoute de la mélodie, s’il y en a une. Ce matin pour la première fois depuis dix ans ils ont repassé une chanson pour la deuxième fois, je sais que c’est la première fois parce que je note systématiquement sur mes cahiers rouges  à spirale tous les titres et durées des chansons qui passent. Je suis coi, interdit, silencieux face à cette répétition qui m’a plongé dans un doute de l’existence de la linéarité du temps…

10h00: mon émission débute, elle m’informe de ce que je ne peux voir, puisque je sors peu ailleurs. Je sors pour aller travailler, je sors pour chercher ma nourriture, mais ce sont toujours les mêmes trajets que je prends à destination des mêmes endroits.

10h35: l’émission s’est terminée de manière impromptue, le flux d’information a été interrompu par la prise de parole du président de mon pays. Il a dit qu’il prenait le pouvoir pour une période indéterminée parce que l’insurrection délinquante régnait dans de sombres cités que je ne connaissais pas, qu’une partie de l’armée contrôlait l’espace géographique et sociogéoéconomique, les sources  d’émission de l’information, les services bancaires, que l’internet était sous contrôle total, qu’un couvre-feu serait instauré pour les personnes dont le revenu était inférieur au revenu moyen par habitant, que sa femme l’avait trompé avec un homme du peuple et qu’il haïssait ce peuple…. J’ai choisi de débrancher ma radio, j’ai laissé le fil  pendre, la prise mâle à terre. Ce n’est pas que j’ai peur mais c’est que j’ai déjà entendu tout cela, comme j’avais déjà entendu cette chanson…je veux être informé de nouveautés, qu’elle soient horribles ou sensibles.

12h00: face à mon réfrigérateur ouvert, je regarde ce qu’il me reste de mon chat, la tête… J’hésite.


le 16 mars

Publié: 18 août 2010 dans Non classé
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15h43: j’ai tué mon chat… non pas qu’il me gênait physiquement, mais je ne supportais plus le regard fixe qu’il portait sur moi. Hier, dans ma cuisine, il s’était assis sur ma table. Comme à son habitude, il avait passé  le temps durant lequel j’avais dîné, à me fixer, sans ronronner, sans fermer les paupières…. moi, celui qui, si ce félin avait eu la parole, aurait été appelé maître. L’autre soir, alors que j’épluchais scrupuleusement mes pommes de terre, essayant, pour autant que faire se peut, de produire des épluchures d’une régularité quasi mathématiques, obséquieusement géométriques, il avait osé monter sur mes genoux et se positionner entre mon corps et mes mains qui tenaient  l’Économe, matériel parfait que j’avais enfin trouvé après avoir essayé de nombreux modèles. Il s’était placé son visage de chat face  à moi, ses yeux dans mes yeux, odieux… c’est moi qui avait abandonné mon regard à la recherche de l’ampoule de cette pièce afin que je fus ébloui pour ne plus avoir  à le fixer. Je me souviens du matin où, tout petit, il était arrivé par la fenêtre, s’installant chez moi pour ne plus en partir…. ce n’est pas tant qu’il m’ait regardé qui m’a conduit à le tuer, c’est qu’il n’ait jamais osé me parler.

16h38: j’ai écorché mon chat et je ferai de sa peau une besace dans laquelle je mettrai  mes paquets de nouilles emballées de papiers rouges et verts. Son corps sanguinolent gît à terre, il ressemble  à un lapin écorché, comme l’un de ceux que j’achète parfois et que je cuisine mal, mais il faut que je me nourrisse…

17h23: après l’avoir cuisiné à la diable comme un vulgaire lapin je me prépare  à le manger. J’en ai placé une partie dans le compartiment congélateur de mon réfrigérateur… Il était très gros mon chat, j’ai du mal  à le faire entièrement entrer entre le paquet d’haricots verts et la boite de glace noix de coco chocolat.

18h45: je vomis mon chat…

Le 8 mars

Publié: 18 août 2010 dans Non classé
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Je m’appelle Marcelin Biaiseux, je suis un homme, je vis seul. J’habite un appartement dans une ville, peut-être la vôtre, je vous y ai donc certainement déjà croisé. Je viens de décider d’écrire mon journal, non pas que ma vie ait un sens ou un débordement d’activité supérieur à n’importe quelle autre, non, loin s’en faut. Mais c’est justement dans son infime insignifiance qu’elle prend son sens. Je vous livre donc en pâture, pour que votre esprit s’en trouve apaisé, ce temps et cet espace qui sont miens.

7h06: je me suis levé, comme à l’accoutumé, me sortant de mon lit avec difficulté… un rêve, durant cette nuit à occulté la clairvoyance de mon esprit qui ne s’en est pas retrouvé reposé. Je suis fatigué…donc. J’ai rejoint ma salle de bain où ma douche ne m’a pas laissé satisfait, je n’ai pas aimé le parfum de mon savon récemment acheté. Je me suis masturbé plus maladroitement qu’érotiquement, plus solitairement que jovialement. C’est en me séchant que j’ai pris conscience de la nécessite d’écrire, de laisser une trace de mon inexistence. L’impact; sensuel et ponctuel de l’eau sur ma peau me laissait à penser que mon existence dépendait du collectif, après être sec et loin de tout contact épidermique, j’ai su qu’il me fallait briller tel une particule subatomique… invisible aux yeux de tous mais essentiel à mon échelle… étant ainsi mon seul espace de référence et de conscience dans lequel je peux évoluer, j’écris et écrirai ce qu’il en est. Après m’être habillé, ce qui prit un temps sur lequel je ne m’étendrai plus tard, un autre jour certainement, j’ai pris un petit déjeuner.

7h48: je regarde, goutte à goutte, couler le liquide noir. Depuis trente années, j’utilise le même matériel: une cuiller en argent héritée de ma mère, un pot à café jaune qui se trouvait dans cet appartement le jour où j’ai emménagé, la même marque de café, une cafetière italienne, acheté neuve, vieillie au rythme du café qui passe en son intérieur… J’aime penser que ce café que j’achète a toujours été le même, planté sur une même terre lointaine et exotique, cueilli par les mains d’une même famille, séché par un même vent… j’aime à le penser, non pas à le croire. Je ne peux ni ne sais croire. Le temps nécessaire à l’alliance de l’eau chaude et au café est méthodiquement le même depuis le début. Ma tasse est pleine, je la bois. Il n’y a pas plus calme que moi lorsque je bois mon café matinal, calme méditatif, contemplatif… je n’aime pas le café mais j’en bois.

8h23: j’ai commencé  à écrire….